« Les rêves , les désirs et les espoirs sont les étoiles de nos vies. » Michel Bouthot - Selon la légende des Indiens d’Amérique : « Pour que votre rêve se réalise, murmurez-le à un papillon. Sur ses ailes, il montera au ciel et se réalisera car les papillons sont les messagers du Grand Esprit. » - « Il n y a qu´une chose qui puisse rendre un rêve impossible : la peur d échouer. » Paolo Coelho
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lundi 2 novembre 2015

Effet Mer



 Grande marée du 28 octobre 2015, sur la côte rocheuse du Château d'Olonne... 
la Mer était blanche !


Ecume

Tandis que je rêvais en regardant le Ciel
Où tout est Important, mais jamais Essentiel,
Les Etoiles veillaient, et la Lune était blanche.

Tandis que j'écrivais les traces de la Vie
Où se range le Blé, au grenier de l'Envie,
Les Idées se triaient, et la Page était blanche.

Tandis que je chantais au palais de Lynda
Où bouillonne l'Amour, comme lave d'Etna,
Le Silence criait, et la Note était blanche.

Tandis que je dansais le plus suave Tango
Où feutre le Velours, tel écrin d'un Joyau
La Musique brillait, et la Robe était blanche.

Tandis que j'écoutais mon Âme dans le Vent
Où pleure l'Avenir, quand sourit le Présent,
La Vague se brisait, et la Mer était blanche...


L@rs'b@c - 11/15

samedi 13 juin 2015

GAGNAIRE, Paul - Le chant de l'eau.



 Le chant de l'eau

Chantent les oiselets comme bruit l'eau de source,
et le doux clapotis du délicieux loriot
et le battement d'ailes du joli morio
coulent dans l'air qui coule, où songe la grande ourse.

Au rythme du ruisseau file le passereau,
et de son calme bec écumant dans sa course,
il se fond dans son cours, s'attribue ses ressources,
puis vient se déposer aux branches du sureau.

Et dans l'ombre des rocs creusés par la lumière,
oiseaux et papillons referment leurs paupières,
patientant avec l'eau l'orée du crépuscule.

Le ciel frais et l'étang, tout s'endort... Mais tout rêve !
Sous la nuit qui s'élance et le jour qui s'achève,
frémissent les roseaux, frémit la libellule.

Paul Gagnaire


jeudi 8 janvier 2015

Paul Eluard - Liberté (Poème lu par Jean-Louis Barrault)

.

LIBERTÉ

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Paul Eluard

dimanche 4 mai 2014

"Pour toi" Claude Braun



Pour Toi

Au promontoire des certitudes revenues
Mes deux mains se rejoignent
Au tendre du visage


Par la confiance retrouvée
Et l’odeur du café
Portant l’aube étonnée

Par les bourgeons d’amour
Qui sur l’eau des fontaines
Dansent chaque midi

Par les corps apaisés
Qui fleurissent le soir
L’oreiller du silence


Au promontoire des certitudes revenues
Nos deux mains se rejoignent
Au tendre du visage…

 
Inédit
20/10/2006

Claude Braun

jeudi 1 mai 2014

♡ ERNESTO CORTAZAR - Magic & Le sentier de Théophile Gautier



Le sentier

Il est un sentier creux dans la vallée étroite,
Qui ne sait trop s'il marche à gauche ou bien à droite.
— C'est plaisir d'y passer, lorsque Mai sur ses bords,
Comme un jeune prodigue, égrène ses trésors ;
L'aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard d'azur,
Et le gai bouton d'or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots,
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos ;
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles,
À rendre riche en miel tout un peuple d'abeilles.
Sous la haie embaumée un mince filet d'eau
Jase et fait frissonner le verdoyant rideau
Du cresson. — Ce sentier, tel qu'il est, moi je l'aime
Plus que tous les sentiers où se trouvent de même
Une source, une haie et des fleurs ; car c'est lui,
Qui, lorsque au ciel laiteux la lune pâle a lui,
À la brèche du mur, rendez-vous solitaire
Où l'amour s'embellit des charmes du mystère,
Sous les grands châtaigniers aux bercements plaintifs,
Sans les tromper jamais, conduit mes pas furtifs.

Théophile Gautier

samedi 1 mars 2014

"Mars" Alfred de Musset sur "Fantasia - Casse Noisette" - Tchaikovsky



Mars

Ah! que mars est un joli mois !
C'est le mois des surprises.
Du matin au soir dans les bois.
Tout change avec les brises.

Le ruisseau n'est plus engourdi.
La terre n'est plus dure.
Le vent qui souffle du midi.
Prépare la verdure.

Le rossignol n'est pas venu.
Rempli de douces notes.
Mais déjà sur le hêtre nu.
Résonnent les linottes.

Par-dessus la haie en éveil.
Fier de ses fleurs écloses.
On voit le pêcher au soleil.
Ouvrir ses bourgeons roses.

Gelée et vent, pluie et soleil.
Alors tout a des charmes.
Mars a le visage vermeil.
Et sourit dans ses larmes.

Alfred De Musset

mardi 4 février 2014

" L'orchidée" - Patryck Froissart


L'orchidée

Eployant avenante et tendant à rosir
Sa corolle à la nuit secrètement brodée,
Elle exhale au flâneur le miroitant soupir :
Qui saura décrypter l’appel de l’orchidée ?

Relevant, l’effrontée, son col gracile à l’or
D’un stylet de lumière explorant la fougère,
Elle offre au promeneur l’hiérogamique accord :
Qui pourra deviner cette invite éphémère ?

Elançant sous les stucs d’opéras inviolés
Sa hampe balançant aux accents de la brise,
Au voyeur de hasard elle joue ses ballets :
Quel coryphée dira cette orphique surprise ?

Ou, nue sous l’arachnée, pantelante au fourré,
Sur le languide humus, mi-close, elle s’allonge,
Et prie que l’y vénère un veneur égaré :
Quel initié lira dans ce pistil qui songe ?


Patryck Froissart - Extrait de L'éloge de l'opaque ellipse

mercredi 1 janvier 2014

"Voici le jour de l'an" - Pierre Menanteau



Voici le jour de l'an

Voici le jour de l'an
C'est la nouvelle année
Ce soir petits et grands
Feront longue veillée
Lorsque minuit sonnera
Tout le monde s'embrassera
Bonne année,
Bonne année à toute la terre
Bonne année,
Bonne année au monde entier.

Pierre Menanteau

mardi 26 novembre 2013

L'amoureuse - Paul Éluard



L´amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Paul  Éluard

vendredi 22 novembre 2013

"Le vieux rosier" de Pierre Menanteau sur "Stolen Kiss" d´ERNESTO CORTAZAR

 
Le vieux rosier

Quand pourrai-je me reposer ?
Dit le rosier,
J'ai tant de roses, tant de roses ...
C'est en hiver qu'il se repose.

Sait-il alors qu'il a porté
Le poids léger du mois de mai
Sait-il encor qu'une autre année
En décembre il portait trois roses

O vieux rosier, ce poids léger,
Accepte-le comme un poète
Qui, sous la blancheur de sa tête,
Voit s'épanouir la beauté !

Pierre Menanteau

vendredi 15 novembre 2013

" Je ne sais pas " Lise Cassin

  
Je ne sais pas



Je ne sais pas
Si le souffle du vent retient la peur de vivre
S’il existe pour moi un espace où me rendre
Innocente ou coupable de ce « mal d’être » au monde
Je ne sais pas
Retenir le regard
Lumière au cœur des ombres en des lieux improbables
Mais je sais cet instant
Où tu m’ouvres les bras
Cette danse pour toi au secret des forêts
Cheveux tressés de feuilles dans l’odeur de la mousse
Je suis chêne et roseau
Et je sais que je t’aime


Je ne sais pas
Si les mots que je cueille peuvent écrire le poème
Paroles inachevées, si les lettres froissées trouveront un écho
Quand les mains portent traces des brûlures de l’encre
Je ne sais pas
Désarmer ces silences
Erosion sur la page lézardée des non-dits
Mais je sais cet instant
Où tu me reconnais
Quand nos pas accordés font chanter les galets
J’entends la soie des vagues bercer les coquillages
Je suis l
algue et la dune
Et je sais que je t’aime


Je ne sais pas
Ce qui préserve et sauve, si la mort nous commence
Ou renvoie au néant nos folles espérances
Comme on jette à la mer les cendres refroidies
Je ne sais pas
Nommer cette confuse attente
Etincelle fragile dans un ciel d’absolu
Mais je sais cet instant
Où serrée contre toi
Je regarde le fleuve épouser le soleil
Quand les îles nacrées nous parlent de voyages
Je suis l’or et le bleu
Et je sais que je t’aime


Je ne sais pas
Les psaumes qui sont chemin de foi, je ne peux pas prier
Un Dieu qui se dérobe et ne me console pas
Quand lasse de chercher je suis au bord du vide
Je ne sais pas
Marcher dans les pas des prophètes
Ni quelle source d’eau claire donne vie éternelle
Mais je sais cet instant
Lorsque tes doigts déchiffrent
Où je crois au miracle dans le beau de l’accord
Je rejoins mon pays délivrée de la peur
Je suis l’orgue et le vent

Et je sais que je t’aime


Lise Cassin

jeudi 24 octobre 2013

ERNESTO CORTAZAR - Leaves in the wind


Quand automne en saison revient

Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent en rond les lapins.
Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah ! que la vie est douce, douce
Quand automne en saison revient.

SAMIVEL (1907-1992)
 

lundi 21 octobre 2013

" Chanson d'automne" (Verlaine) - Léo Ferré chante les poètes" (1986 - Théâtre libertaire de Paris)


Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Bercent mon cœur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.


 Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon cœur
D'une langueur
Monotone.


Verlaine

dimanche 20 octobre 2013

Yiruma - Your Autumn Scene & Le bel automne est revenu - Raymond RICHARD




Le bel automne est revenu

À pas menus, menus,
Le bel automne est revenu
Dans le brouillard, sans qu'on s'en doute,
Il est venu par la grand'route
Habillé d'or et de carmin.
Et tout le long de son chemin,
Le vent bondit, les pommes roulent,
Il pleut des noix, les feuilles croulent.
Ne l'avez-vous pas reconnu ?
Le bel automne est revenu.

Raymond RICHARD
 

dimanche 11 août 2013

♥•.✩" La mer " Paul Fort & ♥•.♫✩ "HEART OF THE SEA" ♫•♥.•°*”.•



La mer

La mer brille
Comme une coquille;
On a envie de la pêcher.
La mer est verte,
la mer est grise
elle est d'azur,
elle est d'argent et de dentelle.

Paul Fort  - Ballades françaises.

mercredi 7 août 2013

Rilke + Bach




RESPIRATION


Respiration, ô toi l’invisible poème !
Incessant échange de l’être en soi au sein
du pur espace universel. Contre-balance
en quoi rythmiquement je surviens à moi-même.

Unique vague, dont je suis
la successive mer ;
toi, l’épargnante entre toutes les mers possibles –
espace acquis.

Combien n’y eut-il pas déjà de ces lieux des espaces
qui furent au-dedans de moi ! Bien des vents
sont comme mon fils.

Air, me reconnais-tu, empli d’endroits encore à moi naguère ?
toi, une fois, la lisse écorce,
la voussure et la feuille de mes paroles.


Rainer Maria Rilke

mercredi 31 juillet 2013

" Ma soeur la Pluie" de Charles VAN LERBERGHE sur "Kiss The Rain" - Yiruma (HQ)



Ma Soeur la Pluie

 Ma soeur la Pluie,
La belle et tiède pluie d'été,
Doucement vole, doucement fuit,
A travers les airs mouillés.

Tout son collier de blanches perles
Dans le ciel bleu s'est délié.
Chantez les merles,
Dansez les pies !
Parmi les branches qu'elle plie,
Dansez les fleurs, chantez les nids
Tout ce qui vient du ciel est béni.

De ma bouche elle approche
Ses lèvres humides de fraises des bois ;
Rit, et me touche,
Partout à la fois,
De ses milliers de petits doigts.

Sur des tapis de fleurs sonores,
De l'aurore jusqu'au soir,
Et du soir jusqu'à l'aurore,
Elle pleut et pleut encore,
Autant qu'elle peut pleuvoir.

Puis, vient le soleil qui essuie,
De ses cheveux d'or,
Les pieds de la Pluie.



 Charles VAN LERBERGHE (1861-1907)

lundi 22 juillet 2013

" Au bord de la mer " Théophile Gauthier



Au bord de la mer

La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l´air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.


Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté ;
Mais l´éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.


Au gouffre amer pour te le rendre,
Lune, j´irais bien me jeter,
Si tu voulais du ciel descendre,
Au ciel si je pouvais monter !


Théophile Gauthier


 Extrait de: Recueil : Émaux et Camées (1852)

lundi 15 juillet 2013

"Bonnes vacances ☺.,''❋°'❤*”˜♥•.☼♫✩,ღ..."


"Le secret du succès est de faire de ta vocation tes vacances."
 

Mark Twain, écrivain



 "Si j’étais médecin, je prescrirais des vacances à tous les patients
qui considèrent que leur travail est important."
 

Bertrand Russell, Mathématicien, Philosophe, Anglais.

 

   JE SUIS EN VACANCES
  
Assis tout au bord d'un nuage,
ça fait des jours que je voyage
et dans mes vagabondages,
j'ai le vent comme équipage...
Funambule au fil de l'eau,
je fais la papote aux oiseaux
et - il faut ce qu'il faut -
j'ai mis une plume à mon chapeau.
J'ai mon chapeau soleil,
mon écharpe arc-en-ciel,
j'ai tout oublié, je pense:
je suis en vacances.

Christian MERVEILLE

 

mercredi 26 juin 2013

" Baldaquins d’ombres " Francis Etienne Sicard

      

   Baldaquins d´ombres


       
       L’ombre d’une glycine au goût de caramel
       Saupoudre les murets d’une mèche de miel
       Où baignent des lézards au corps immatériel,
       Immobiles et froids écuyers du dégel.

       
       La dentelle d’un roc à la saveur de sel,
       Richement découpée au feutre bleu du ciel,
       Ruisselle en vague d’or sur le feu torrentiel
       D’une anémone en soie aux robes d’archipel.

       
       Passe un souffle de rêve au parfum de lilas,
       Comme un brin de muguet déguisé en pierrot,
       Et les myosotis se parent de taffetas.

       
       Goutte à goutte le temps distille sa liqueur
       Dans l’immense alambic où cuit le berlingot
       D’un jour naissant ainsi dans l’antre du bonheur.



          Francis Etienne Sicard, Lettres de soie rouge, 2011