Un jour où il neigeait dru, Srulek rendit visite à son ami et voisin qui
était aveugle.
L’aveugle demande à Srulek :
– Dis-moi, elle est comment la
neige ? – La neige, elle est blanche. - Ah, dit l’aveugle.
Après un
moment, il demande encore : - Mais c’est comment, blanche ? - Blanche, dit
Srulek en cherchant ses mots, blanche, c’est comme le lait. - Ah, dit
l’aveugle.
Et un moment plus tard, il demanda : - Le lait, c’est comment
? - Le lait, dit Srulek, c’est comme des oiseaux blancs, sur la rivière, tu
vois, des cygnes… - Ah, dit l’aveugle.
Et un moment plus tard, il demanda
à Srulek : - Dis-moi Srulek, c’est comment un cygne ? - Eh bien, c’est un
grand oiseau, avec de larges ailes, un cou très long et courbé, et un bec comme
ça…
Alors Srulek allongea son bras et courba son poignet pour imiter un
cygne. L’aveugle tendit la main et caressa le bras et la main de Srulek,
lentement, attentivement, avant de dire en souriant : - Ah oui, maintenant,
je vois comment elle est, la neige…
Conte extrait d’un recueil de Jean-Claude Carrière : le cercle des
menteurs
Amandine
tente d'attraper l'insecte multicolore et le poursuit à travers les champs. Elle
danse, danse suivant le rythme du papillon qui a si soif d'air et d'aventure.
- Si tu
m'attrapes, je meurs. Le sais-tu ?
La
fillette s'arrête brusquement tandis que le papillon se pose, léger, sur une
fleur.
- Tu
meurs ? Pourquoi devrais-tu mourir ? Je te caresserais doucement, tout
doucement pour ne pas te blesser.
- Même
la plus douce des caresses est mortelle pour moi.
Amandine
contemple, sans le toucher, l'animal si fragile. En son cœur, elle le plaint de
ne pas pouvoir recevoir de câlins, ne serait-ce qu'un seul sans le payer de sa
vie. Elle ne pourrait pas vivre sans se faire câliner.
- Si
j'étais un papillon, je serais bien malheureuse et j'irais vers le bon dieu
pour lui dire que c’est injuste, qu’il devrait changer les choses.
-
Pourquoi faire ? Dieu m’a fait le don de la vie et je lui en suis
reconnaissant, même si mon passage sur terre est éphémère. D’ailleurs, je n'ai
pas le temps de me révolter, puisque demain je serai mort. Autant profiter du
peu de temps que j'ai à vivre.
- Es-tu
donc si vieux ?
- Oui,
non. Je suis né ce matin à l'aube.
- Alors
tu es encore bien jeune. Moi, je suis née il y a bien plus longtemps et mon âge
se compte en années déjà, s'exclame la petite, très fière de ses six ans.
- Pour
moi, une heure, c'est comme trois ou quatre de tes années.
Amandine
a bien envie de pleurer sur le triste sort du si beau papillon. Elle essaye de
se retenir, mais une larme roule malgré tout sur son visage. Dire que parfois,
Amandine passe des heures à ne rien faire ou à s'ennuyer. Elle a honte de
s'être si souvent plainte.
- Ne
pleure pas petite...
- Je ne
pleure pas, répond la fillette en essuyant furtivement une nouvelle larme
indécente.
- Tu
sais, pour moi le temps ne passe pas aussi vite que pour toi. Et puis si ma vie
est éphémère, je n'en profite pas moins de tous les instants qui me sont
offerts. Je n'ai pas le temps d'être triste, je n'ai pas le temps de songer à
moi et de m’appesantir sur mon triste sort. Je vole de droite à gauche, je
butine ici ou là, j’emplis mon regard de la beauté du monde et des fleurs. Je
me laisse porter par le vent où il veut et comme il veut, sans réfléchir. Et
seule sa caresse me remplit d'aise. Qu'importe où je vais pourvu que mon être
s'emplisse de beauté et de joie pour l'éternité !
- Je ne
comprends pas. Si moi, on me disait que j'allais mourir demain, je serais
désespérée de partir et de laisser tous ceux que j'aime derrière moi. J'aime
rire, j'aime chanter, j'aime vivre. Je ne voudrais pas...
La
petite se met à sangloter.
-
Peut-être que tu serais d'abord désespérée... Et puis qui sait si tu ne te
mettrais pas, comme moi, à faire provision pour l'éternité de tout ce qui t'est
bon dans cette vie.
La
fillette écoute, attentive, tandis que ses larmes coulent plus tranquillement
maintenant.
- De
toute façon ce n'est pas tout à fait pareil. De tous temps, les papillons n'ont
jamais vécu très longtemps. La nature nous a donné la splendeur contre la
durée. Nous avons le pouvoir d'enchanter les cœurs, de faire naître des
sourires aux lèvres arides. Rien de tel que cette joie qui surprend enfants et
adultes lorsqu'ils nous aperçoivent. Il suffit de me poser sur le chapeau d’une
dame pour que tout le monde retienne son souffle émerveillé de mon audace et de
mes couleurs.
Amandine
se met presque à regretter de ne pas être un papillon. Elle n'a pas tant de
beauté à offrir, elle, mais elle n'ose pas le dire au papillon. Elle qui le
plaignait peu avant, la voilà qui se met à l'envier ! Cela n'a vraiment pas de
sens...
- Tu te
trompes, ce que tu penses est plein de sens.
- Parce
que tu sais aussi lire dans les pensées ! rétorque Amandine qui se sent devenir
minuscule, aussi petite qu'un grain de poussière... ou un microbe !
- Chaque
être, chaque chose a un sens quelle que soit la durée de leur vie ou de leur
existence, si inerte soient-elles. Nous avons tous notre raison d'être. Toi
aussi, tu as ta place ici, même lorsque tu te sens inutile ou lorsque tu as
l'impression d'avoir perdu ton temps. Tu ne réalises pas le pouvoir que tu as
sur tout ce que tu approches. Une parole qui te paraît anodine va peut-être
changer la vie de quelqu’un sans que tu le saches. Un mouvement ou même un
regard peuvent modifier le cours de l'histoire. Et puis, le sais-tu ? Tu as
autant de beauté à offrir qu'un papillon. Seulement, elle est différente.
-
Vraiment ?
- Oui,
c'est sûr.
Amandine
aimerait serrer contre elle l'insecte si merveilleux. Elle esquisse un mouvement
dans sa direction, caressant l'air qui entoure le papillon.
- Adieu,
petite.
- Adieu,
gentil papillon.
L’insecte
s’élève, gracieux, dans les airs, tourne un instant autour de la fillette qui
le contemple en souriant, puis il la quitte et s’envole vers sa destinée de
papillon. Amandine, quant à elle, retourne chez elle, le cœur gai, le visage
radieux.
Fils de la Bretagne et de l'océan, Karadeg est un patron pêcheur appartenant à cette admirable famille des loups de mer. Il a hérité de la passion de ses ancêtres et ne conçoit pas son existence à l'abri du vent du large. Il connaît l'océan, l'aime, mais surtout le respecte. Il sait que ses colères peuvent être terrifiantes quand elles rugissent entre les rochers de son pays natal. Déjà enfant, il écoutait avec beaucoup d'attention les impressionnants récits des anciens évoquant avec le langage de leur terroir les nombreux naufrages, les familles endeuillées, les pères et les fils que la terre de Bretagne n'a jamais revus. Dans les boîtes métalliques ayant contenu les biscuits bretons d'antan, d'innombrables photos aux bords dentelés sont précieusement conservées par les familles de marins. Elles ravivent d'angoissants souvenirs et rappellent aux hommes de la mer qu'ils doivent rester humbles devant la force des éléments.
Karadeg possède un bon bateau. Certes, ce n'est pas un de ces navires-usines qui partent des semaines durant vers les mers du monde entier pour une pêche intensive. Son « Bigouden » est un chalutier hauturier de 23 mètres, équipé pour la pêche au chalut de fond et parfaitement adapté aux conditions particulièrement difficiles des côtes bretonnes. Cinq marins pêcheurs l'accompagnent à bord et se partagent le travail ardu qu'implique une sortie de 4 ou 5 jours au large de leur pays. Le plus âgé de ces hommes, Yaël, travaillait déjà avec le père de Karadeg. C'est un marin pour qui la mer n'a plus guère de secrets mais lorsqu'il en parle à Gwenael, le plus jeune engagé depuis peu dans l'équipage, il ne cesse de répéter que ce métier est aussi dangereux que merveilleux.
Le « Bigouden » a quitté Brest le 20 décembre et Karadeg l'a emmené au-delà de la mer d'Iroise, au large de l'île d'Ouessant, pour pêcher le merlu. L'équipage est motivé car le patron a repéré sur ses instruments de bord d'importants bancs de poissons. Les marins bretons ne sont pas particulièrement tendres et de fréquentes engueulades éclatent sur le pont. Mais ils sont aussi conscients que si le poisson est là, il n'y a pas de temps à perdre. L'équipage s'active, les gestes sont précis, les chaluts remontent gonflés de merlus et dans la cale, les lits de glace se superposent avec la précieuse marchandise. Karadeg se réjouit toujours d'une bonne pêche et cela est bien légitime. Son bateau constitue un important capital à financer, le carburant coûte de plus en plus cher et il a depuis toujours le souci de bien payer ses hommes. Rentrer au port les cales bien remplies, cela le met de bonne humeur et celle-ci apaise son équipage.
Mais en dépit du succès de sa pêche, Karadeg est inquiet. La météo semble se détériorer très rapidement. Un message radio avec le contrôle de Brest le met en garde d'une importante dépression venant de l'Atlantique et se rapprochant rapidement des côtes bretonnes. Et puis, il y a des signes qui ne trompent pas le patron pêcheur, la température a chuté en quelques heures et des moutons d'écume apparaissent sur la crête des vagues. Karadeg a promis à ses marins de rentrer pour Noël et prend donc la décision, ce 24 décembre à l'aube, de mettre le cap sur le Finistère.
Yaël a compris. Il monte au poste de commande et interpelle Karadeg :
« Coup de tabac en perspective capitaine? »
« Oui mon vieux Yaël, et je n'aime pas beaucoup ça ! Regarde le baromètre ! Et d'ailleurs, Brest m'a prévenu ! »
L'étrave du « Bigouden » fend la houle et les embruns de plus en plus glaciaux balaient le pont. La pluie est devenue neige fondante et la mer grossit d'heure en heure. Karadeg exploite toute la puissance de son chalutier pour fuir la tempête, mais comme il le craignait, celle-ci le talonne et semble à nouveau décidée à s'offrir le grand festival d'écume avec les récifs de la mer d'Iroise.
En fin de journée, alors que l'obscurité s'est emparée de l'océan, le « Bigouden » se trouve piégé par les éléments. Karadeg n'a qu'un objectif, se mettre à l'abri dans la baie d'Ouessant. Les vagues immenses giflent le chalutier dans un tonnerre assourdissant et d'impressionnantes gerbes d'eau envahissent le pont.
Les hommes d'équipage ont rejoint leur patron sur la passerelle. Ils sont habitués à ce genre de situation mais les tempêtes qu'ils ont essuyées ces derniers temps étaient particulièrement violentes. Serait-ce donc vrai que la nature n'est pas contente ?
« Ca va aller les gars ! Le Bigouden en a vu d'autres ! »
Mais soudain, le chalutier plonge dans un creux démesuré, l'étrave s'enfonce dans la crête et un véritable raz-de-marée le secoue avec une force inouïe. Un hauban d'une perche de chalut se rompt sous le choc. La perche pivote sur son axe, se détache et s'écrase sur le toit de la passerelle. Le hurlement du vent et le grondement de la houle ne parviennent pas à couvrir le bruit fracassant de l'impact. Dans sa chute, la perche à littéralement fauché les antennes radio, GPS et radar. Elle a également brisé une vitre de la passerelle et de l'eau s'est répandue sur le tableau de commande.
Le « Bigouden » est devenu aveugle...
Karadeg fait le point avec ses hommes et tente de les rassurer. Mais, perdus dans la nuit, à quelques miles de la côte bretonne, en pleine tempête, ils sont bien conscients que leur survie dépend de l'expérience de leur capitaine et de l'indéniable qualité de son bateau.
Gwenael, le cadet de l'équipe, interroge Yaël :
« Pourquoi le capitaine ne poursuit-il pas sa route vers l'est pour se rapprocher de la côte ? »
« Sans instruments, ce serait du suicide mon gars ! Les récifs de l'archipel de Molène ont en piégé plus d'un et il ne s'agit pas de se laisser surprendre par les courants de la pointe du Raz, particulièrement puissants par gros temps ! »
Karadeg confirme :
« Pas question de me rapprocher des côtes à l'aveugle, sans repères je dois rester en mer en attendant que ça se calme ! Je vais maintenir le bateau face à la houle pour éviter les lames de travers. »
Les hommes se taisent. Ils observent avec admiration leur patron se battant contre les éléments. Le ciel et la mer ne font qu'un, le noir est profond et glacial, la neige se mêle aux embruns et le concert de la tempête assourdit les marins.
Au-dessus des instruments radio désespérément muets, l'horloge fonctionne. Il est minuit...
Yaël se met à chanter. Malgré le fracas de la tempête, les autres ont reconnu un chant de Noël breton... Dès le premier couplet, ses camarades reprennent en choeur le refrain :
« Kanomp Nouel gand levenez
Ra lugerno ar stered
Kanomp Nouel gans levenez
Ganet eo Salver ar bed ! »
Le regard tourné vers la proue du bateau, les marins du « Bigouden » chantent leur prière dans la langue de leur coeur. Quelques mots de breton invitent les hommes à « chanter Noël dans la joie pour que brillent les étoiles, le Sauveur du monde est né ! »
C'est alors que Merwen, un grand gaillard aux mains rudes tannées par le sel et le travail, écarquillent ses grands yeux de marin et, le doigt pointé vers l'avant du bateau, légèrement à babord, s'exclame en hurlant plus fort que la tempête :
« Regardez ! Là ! »
Entre deux rafales de vent, la neige a cessé de tomber, et on peut apercevoir une lueur au niveau de l'horizon. Karadeg fixe ce point lumineux et compte tout haut :
« Un, deux.......neuf ! Neuf éclats rapides en 10 secondes ! C'est le phare de Nividic, nous sommes sauvés ! »
Un « hourra » retentit sur la passerelle et le capitaine met le cap sur cette lumière de la providence.
Quelques heures plus tard, le « Bigouden » est bien à l'abri, dans la baie d'Ouessant, et les marins se réjouissent de pouvoir passer la fête de Noël sur la terre ferme.
Chacun dans sa famille pourra raconter que dans les pires tempêtes de la vie, il suffit d'une lumière pour retrouver l'espoir. Comme une étoile à Noël...
Texte : Jean Marcelle - Aquarelle :Rita Beaurain
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Si ce conte vous a plu, vous pouvez si vous le souhaitez, découvrir ses autres écrits en cliquant sur le lien Les contes de Noël de Jean Marcelle
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Il y avait une petite fille assise toute seule dans un parc.
Tout le monde passait près d'elle et ne s'arrêtait pas pour voir pourquoi celle-ci avait l'air si triste.
Habillée d'une robe rose un peu défraîchie, pieds nus, cette petite fille assise ne cessait de regarder les gens passer près d'elle.
Elle n'essayait jamais de parler ni même d'attirer leur attention. Elle ne bougeait pour ainsi dire pas du tout tant sa tristesse semblait lourde à porter.
Plusieurs personnes passaient près d'elle, mais pourtant aucune ne s'arrêtait. Chacun semblait bien trop préoccupé par lui-même ou encore ne dégageait qu'indifférence à son égard.
Le jour suivant, toujours intrigué, j'ai décidé, par curiosité, de retourner au parc afin de découvrir si elle était toujours là. Hé! Oui... elle se trouvait bien au même endroit que la veille, toujours habitée par cette même tristesse qui inondait son beau regard d'enfant.
Aujourd'hui c'est décidé, je vais aller vers elle et lui parler.
À mon avis, j'ai bien conscience qu'un parc plein de gens inconnus n'est pas nécessairement un endroit idéal permettant à un jeune enfant, étant seul de surcroît, de pouvoir y jouer et s'y épanouir.
Plus je m'approchais, plus je pouvais percevoir que le dos de la robe de cet enfant cachait une sorte de forme étrange. J'ai songé qu'il s'agissait peut-être de la raison pour laquelle les gens passaient tout droit et ne s'arrêtaient jamais pour lui parler.
Souvent, les défauts physiques sont mal perçus dans notre société et celle-ci va même jusqu'à vous isoler lorsque vous trouvez naturel de vous préoccuper d'une personne qui est différente des autres.
Comme je me rapprochais, la petite fille triste baissa les yeux pour éviter mon regard. Cela ne me découragea pas, mais plus je m'approchais et plus je pouvais voir nettement cette sorte de difformité dans son dos.
Sa robe masquait grossièrement son infirmité assez marquante.
Je lui ai souri afin de lui signifier que j'avais vu mais que c'était bien correct et que je désirais l'aider et lui parler.
Je me suis assise à côté d'elle et j'ai débuté la conversation par un simple bonjour. La petite fille avait l'air surprise, et me répondit à son tour timidement après m'avoir observé longuement dans les yeux.
Je me suis fait chaleureuse avec les yeux pleins de tendresse et elle m'a souri à son tour. Nous avons parlé là, simplement, comme ça, jusqu'à ce que la noirceur s'installe et que le parc soit complètement désert.
Je lui ai demandé pourquoi elle avait l'air si triste. La petite fille m'a regardé d'un air triste et m'a dit : " Parce que je suis différente ". Immédiatement je lui ai répondu :" Certainement que tu l'es ". Puis, je lui ai souri tendrement. La petite fille a semblé plus triste encore et m'a répondu :" Je le sais ".
" Hé! Petite fille ", lui dis-je," tu me fais penser à un ange, gentil et innocent ". Elle m'a regardé, m'a souri, et doucement elle s'est levée :" Vraiment ?... "Dit-elle.
" Oui! ! Tu es comme un ange gardien descendu sur terre pour prendre soin de tous ces gens qui marchent autour de toi ".
Elle acquiesça d'un signe de la tête et sourit les yeux brillants d'une nouvelle lumière, puis sans que je puisse m'y attendre, elle ouvrit le dos de sa robe rose pour permettre à ses ailes de se déployer librement.
Face à mon regard stupéfait, elle dit : " Je suis effectivement TON ange gardien " en me clignant un superbe clin d'œil.
Je ne savais plus quoi dire, je pensais que je rêvais.
Elle me dit :" Pour une fois tu as pensé à quelqu'un d'autre et non qu'à toi-même. Ainsi, mon travail ici-bas est terminé, tu peux donc désormais continuer ton évolution avec mon patron qui est ton archange ".
Je me suis levé et je lui ai dit : " Attends, explique-moi pourquoi personne n'a pris la peine de s'arrêter pour aider un ange ? "
Semblant si tristement en détresse, elle m'a regardé et dit :" Tu étais le seul qui pouvait me voir " puis elle disparut."
Après cela, ma vie a changé dramatiquement. C'est la raison pour laquelle je me sens poussé à vous dire à vous qui me lisez, la phrase suivante :
" Quand vous penserez que vous êtes seul au monde, que vous n'avez rien, et que vous allez jusqu'à croire que tous vos efforts sont vains et bien souvenez-vous que nous possédons tous un ange et le vôtre est toujours là, à vous protéger. "
Offrez la référence de cette page à tous ceux que vous aimez ou que vous croyez pouvoir aider par cette pensée.
Au fond, vous savez bien que chacun de vos amis est un ange à sa façon.
La valeur d'un ami est mesurée par son cœur.
Et si vous croyez que vous n'avez pas un ami qui ressemble à un ange ou que vous souhaitiez qu'un de vos amis illumine sa vie d'un plus grand bonheur, alors répétez cette phrase pour lui ou pour vous.
" Dieu je t'aime et j'ai besoin de toi, viens dans mon cœur ainsi que dans celui de ceux qui me sont chers s'il te plaît.
Merci mon ange de lui porter mon message. "
***
Signée auteur inconnu, cette histoire est inspirée d'un texte anglais.
"La robe rose" fut ensuite aimablement traduite par une anonyme correspondante de la toile.
MERCI à l´auteur inconnu ainsi qu´à la traductrice anonyme.
Un oiseau survolait une forêt de conifères quand il laissa tomber une petite graine que le vent avait déposée furtivement sous son aile.
A peine la semence eut-elle touché le sol qu'elle prit racine. Très rapidement une petite pousse vit le jour et se fraya courageusement un chemin à travers les géants tout verts qui l'entouraient.
La richesse du terreau qui l'avait accueillie permit à la tige de devenir en très peu de temps un arbrisseau rempli de vigueur. Mais en même temps qu'il croissait, il empruntait une forme des plus étranges. C'est à ce moment qu'il prit conscience qu'il n'allait pas être un arbre comme les autres. Les sapins verdoyants qui l'entouraient et dont il admirait la frondaison aux teintes d'émeraude, l'avaient cependant accepté dans sa différence. A son grand désarroi, le jeune arbre voyait son tronc et ses branches pousser dans le désordre le plus total.
En prenant des allures d'adulte, l'arbrisseau se retrouva affublé d'énormes branches racornies qui se frayaient maladroitement un chemin à travers les aiguilles de ses frères conifères. Il aurait tellement voulu leur ressembler ! Il avait sûrement fait quelque chose de mal pour que Dieu l'afflige de ces formes repoussantes.
- Mais pourquoi suis-je si différent ? se demandait-il sans cesse.
Cette question le hantait depuis qu'il avait constaté sa terrible dissemblance. C'est également à ce moment qu'il commença à se haïr. Sa haine prit une telle ampleur que son écorce en devint toute terne et que sa cime courba l'échine, comme si elle n'avait pas voulu qu'on la reconnaisse.
Plus les jours passaient, plus l'arbre tordu se détestait. Tant et si bien que les oiseaux ne daignaient même plus s'y poser, repoussés par la négativité qui s'en dégageait.
- Aussi bien mourir, se disait l'arbrisseau, que de sentir un parfait étranger dans la forêt qui vous a vu naître. Le pauvre diable cultiva donc ses pensées défaitistes et s'enlisa profondément dans son rôle de victime. Jusqu'au jour où une mère et son fils le découvrirent par hasard...
- Et ! Maman ! cria l'enfant en sautillant de joie. Tu as vu le joli pommier en plein milieu de cette forêt de sapins ? Comme il est beau, n'est-ce pas ?
- Oui! Oui! répondit distraitement la mère, apparemment absorbée dans ses pensées. Mais nous ne pouvons pas nous attarder. Continuons notre route.
En dépit de sa lassitude et de son impérieux désir de mourir, l'arbre tordu avait entendu le commentaire du bambin. Il était complètement abasourdi d'apprendre qu'il n'était pas un sapin déformé, mais plutôt un... pommier!
Il sortit alors de la léthargie morbide dans laquelle il s'était laissé sombrer depuis quelques temps. A la grande surprise de ses frères, qui ne l'avaient pas vu manifester un quelconque sentiment de joie depuis très longtemps, il s'exclama :
- Est-ce possible que je sois un magnifique pommier? Si cela est vrai - il en doutait de moins en moins, car il savait d'instinct que les enfants enjoués ne mentent pas - cela expliquerait mes disparités!
Ragaillardi par cette heureuse découverte, l'arbre se mit à apprécier de plus en plus la forme insolite de ses branches et à admirer son tronc légèrement arqué. Il releva lentement la tête, et son écorce assombrie par la peine reçut alors un grand coup de sève qui la fit resplendir de mille feux.
Attirés par ces élans d'amour de soi,les oiseaux recommencèrent à fréquenter l'arbre.
De curieuses petites fleurs se mirent bientôt à émerger sur ses branches. Plus l'arbre s'aimait, plus les bourgeons qu'on avait cru asséchés prenaient vie, et plus ils s'ouvraient en grand nombre. Tant et si bien que le pommier fut rapidement enveloppé d'un nuage féerique de fleurs blanches. Celles-ci exhalaient un parfum frais qui faisait le bonheur de leur entourage. Cette particularité avait pour conséquence que l'arbre tordu se distinguait encore davantage de ses congénères, les sapins.
Au bout de quelques lunes, chaque fleur avait donné naissance à un fruit magnifique, symbole de l'amour que l'arbre s'était donné à la suite de sa prise de conscience de son unicité.
Un matin d'automne, le garçon qui lui avait révélé sa vraie nature revint le voir. Le pommier le reconnut et lui offrit le premier des fruits en guise de remerciement pour lui avoir redonné la vie. L'enfant sourit et, avec ses petits yeux en amande bien fermés pour tirer toute la saveur du fruit, il croqua dans la pomme à belles dents.
Comme le Créateur n'oublie jamais Ses bienfaiteurs, il transmit à l'enfant, à travers l'énergie de ce fruit, le même présent qu'il avait jadis offert à l'arbre : l'amour de soi et le respect des différences. Le garçon bénéficia de ce don toute sa vie et même après avoir atteint l'âge adulte, il continuait à en parler...
Une vieille légende roumaine dit que lorsque tout ce qui vit prit sa forme et sa dénomination définitive, seul l’homme fut mécontent car la terre lui semblait toute noire et déserte. Il sentait que quelque chose manquait pour que sa vie devînt belle et heureuse. La fée aux fleurs apparut et, en entendant ses lamentations, lui dit :
-Je vais couvrir la terre d’une parure originale qui serait à jamais ta consolation.
A un signe de sa baguette magique, des fleurs en grand nombre sortirent soudain de terre et vinrent se ranger les unes auprès des autres. La fée trempa alors sa plume magique dans les couleurs de l’arc-en-ciel et donna à chacune une coloration différente. Sa plume fit merveille et bientôt toute la terre se trouva couverte d’une multitude de fleurs de toutes sortes.
Les fiers chrysanthèmes purent s’enorgueillir de leurs robes éclatantes et multicolores, les roses de leurs pétales semblables à du velours, les œillets, les jasmins, les lilas, les giroflées de leurs tons chauds et leur suave parfum. Ce fut ensuite le tour des craintives pensées, des timides violettes, si timides qu’elles se cachent derrière leurs feuilles, des campanules et de leurs sœurs les humbles fleurs des champs. En même temps, la fée donnait à chacune d’elles un nom et lui fixait le lieu de résidence qui serait désormais le sien. S’alignant sagement, toutes ces fleurs attendaient le moment de gagner leur nouvelle destination.
Toujours peignant fleur après fleur, la fée se trouva nez à nez avec un rayon de soleil qui l’observait depuis longtemps et l’avait suivie tout au long de ses pérégrinations.
-Mon bon père Soleil, aimerait, lui dit-il, faire quelque chose pour l’humanité. Il souhaitait qu’une fleur à sa ressemblance soit comme lui revêtue d’or pour apporter sa lumière aux humains durant les journées grises où, caché par les nuages, il demeure invisible.
La fée, trempant aussitôt sa plume dans la poudre d’or en recouvrit le tournesol qu’on appela désormais le « grand soleil ».
Un enfant lui demanda ensuite d’inventer une fleur particulièrement belle, pour l’offrir à sa maman. Après avoir réfléchi, la fée choisit le blanc qui est la couleur des candides pensées de l’enfance et , voulant dépeindre la douceur d’un sourire maternel, créa le lys qui est et restera à jamais le symbole de l’innocence.
Lorsque toutes ces fleurs furent prêtes pour réconforter les pauvres humains, on entendit, venant de très loin, de sous un amas de neige, comme un soupir d’enfant abandonnée :
-Je suis la seule à avoir été oubliée, bonne fée, disait une petite voie plaintive, et je suis restée sans couleur et sans nom. Lorsque mes sœurs se disperseront sur la terre pour accomplir leur mission et que leur beauté réjouira les regards, moi je resterai ici et personne ne le saura.
Tout émue, la fée répondit :
-Ne sois pas malheureuse, petite fleur. Toi, qui es la dernière, tu seras la première. Parce que tu as été oublié, petit perce-neige, c’est toi qui, avec tes clochettes toutes blanches, seras chargé d’annoncer la venue du Printemps. A ta vue, tous se réjouiront.
Et c’est depuis ce temps-là que ces fleurs poussent aux quatre coins de la terre et qu’elles emplissent de joie le cœur de tous les hommes épris de beauté.
Extrait de 65 Légendes et Récits au tour du monde
-Collection«Contes à rêver» - Librairie Duponchelle