Moi, je file un
rancard
A ceux qui n´ont plus rien
Sans idéologie, discours ou baratin
On vous promettra pas
Les toujours du grand soir
Mais juste pour l´hiver
A manger et à boire
A tous les recalés de l´âge et du chômage
Les privés du gâteau, les exclus du partage
Si nous pensons à vous, c´est en fait égoïste
Demain, nos noms, peut-être grossiront la liste
Aujourd´hui, on n´a plus le droit
Ni d´avoir faim, ni d´avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur
Aujourd´hui, on n´a plus le droit
Ni d´avoir faim, ni d´avoir froid
Autrefois on gardait toujours une place à table
Une chaise, une soupe, un coin sans l´étable
Aujourd´hui nos paupières et nos portes sont closes
Les autres sont toujours, toujours en overdose
J´ai pas mauvaise conscience
Ça m´empêche pas d´dormir
Mais pour tout dire
Ça gâche un peu le goût d´mes plaisirs
C´est pas vraiment de ma faute
Si y´en a qui ont faim
Mais ça le deviendrait
Si on n´y change rien
Aujourd´hui, on n´a plus le droit
Ni d´avoir faim, ni d´avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur
Aujourd´hui, on n´a plus le droit
Ni d´avoir faim, ni d´avoir froid
J´ai pas de solution pour te changer la vie
Mais si je peux t´aider quelques heures, allons-y
Y a bien d´autres misères, trop pour un inventaire
Mais ça se passe ici, ici et aujourd´hui
Aujourd´hui, on n´a plus le droit
Ni d´avoir faim, ni d´avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur
Aujourd´hui, on n´a plus le droit
Ni d´avoir faim, ni d´avoir froid
Dépassé le
chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te
promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur
* * *
« Tant qu'il
existera la misère, aussi longtemps que régnera l'exclusion,
nous ne
connaîtrons ni la paix de l'âme, ni la paix, ni la joie du cœur. »
ou encore via le lien ci-dessous, à la vitesse réelle !... Ceci parce que la vidéo postée sur le blog est lourde au chargement: https://vimeo.com/30982749
* * *
Que reste-t-il à dire en écoutant le regretté Serge Reggiani sur cette exceptionnelle et sublime interprétation de mimeva, sinon ...
EMOTION PURE de GRÂCE LÉGÈRETÉ DÉLICATESSE
* * *
Le temps qui reste
Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de tempsencore...
Combien ?
Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste
Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie.
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...
J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...
Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons.
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...
Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?
Amandine
tente d'attraper l'insecte multicolore et le poursuit à travers les champs. Elle
danse, danse suivant le rythme du papillon qui a si soif d'air et d'aventure.
- Si tu
m'attrapes, je meurs. Le sais-tu ?
La
fillette s'arrête brusquement tandis que le papillon se pose, léger, sur une
fleur.
- Tu
meurs ? Pourquoi devrais-tu mourir ? Je te caresserais doucement, tout
doucement pour ne pas te blesser.
- Même
la plus douce des caresses est mortelle pour moi.
Amandine
contemple, sans le toucher, l'animal si fragile. En son cœur, elle le plaint de
ne pas pouvoir recevoir de câlins, ne serait-ce qu'un seul sans le payer de sa
vie. Elle ne pourrait pas vivre sans se faire câliner.
- Si
j'étais un papillon, je serais bien malheureuse et j'irais vers le bon dieu
pour lui dire que c’est injuste, qu’il devrait changer les choses.
-
Pourquoi faire ? Dieu m’a fait le don de la vie et je lui en suis
reconnaissant, même si mon passage sur terre est éphémère. D’ailleurs, je n'ai
pas le temps de me révolter, puisque demain je serai mort. Autant profiter du
peu de temps que j'ai à vivre.
- Es-tu
donc si vieux ?
- Oui,
non. Je suis né ce matin à l'aube.
- Alors
tu es encore bien jeune. Moi, je suis née il y a bien plus longtemps et mon âge
se compte en années déjà, s'exclame la petite, très fière de ses six ans.
- Pour
moi, une heure, c'est comme trois ou quatre de tes années.
Amandine
a bien envie de pleurer sur le triste sort du si beau papillon. Elle essaye de
se retenir, mais une larme roule malgré tout sur son visage. Dire que parfois,
Amandine passe des heures à ne rien faire ou à s'ennuyer. Elle a honte de
s'être si souvent plainte.
- Ne
pleure pas petite...
- Je ne
pleure pas, répond la fillette en essuyant furtivement une nouvelle larme
indécente.
- Tu
sais, pour moi le temps ne passe pas aussi vite que pour toi. Et puis si ma vie
est éphémère, je n'en profite pas moins de tous les instants qui me sont
offerts. Je n'ai pas le temps d'être triste, je n'ai pas le temps de songer à
moi et de m’appesantir sur mon triste sort. Je vole de droite à gauche, je
butine ici ou là, j’emplis mon regard de la beauté du monde et des fleurs. Je
me laisse porter par le vent où il veut et comme il veut, sans réfléchir. Et
seule sa caresse me remplit d'aise. Qu'importe où je vais pourvu que mon être
s'emplisse de beauté et de joie pour l'éternité !
- Je ne
comprends pas. Si moi, on me disait que j'allais mourir demain, je serais
désespérée de partir et de laisser tous ceux que j'aime derrière moi. J'aime
rire, j'aime chanter, j'aime vivre. Je ne voudrais pas...
La
petite se met à sangloter.
-
Peut-être que tu serais d'abord désespérée... Et puis qui sait si tu ne te
mettrais pas, comme moi, à faire provision pour l'éternité de tout ce qui t'est
bon dans cette vie.
La
fillette écoute, attentive, tandis que ses larmes coulent plus tranquillement
maintenant.
- De
toute façon ce n'est pas tout à fait pareil. De tous temps, les papillons n'ont
jamais vécu très longtemps. La nature nous a donné la splendeur contre la
durée. Nous avons le pouvoir d'enchanter les cœurs, de faire naître des
sourires aux lèvres arides. Rien de tel que cette joie qui surprend enfants et
adultes lorsqu'ils nous aperçoivent. Il suffit de me poser sur le chapeau d’une
dame pour que tout le monde retienne son souffle émerveillé de mon audace et de
mes couleurs.
Amandine
se met presque à regretter de ne pas être un papillon. Elle n'a pas tant de
beauté à offrir, elle, mais elle n'ose pas le dire au papillon. Elle qui le
plaignait peu avant, la voilà qui se met à l'envier ! Cela n'a vraiment pas de
sens...
- Tu te
trompes, ce que tu penses est plein de sens.
- Parce
que tu sais aussi lire dans les pensées ! rétorque Amandine qui se sent devenir
minuscule, aussi petite qu'un grain de poussière... ou un microbe !
- Chaque
être, chaque chose a un sens quelle que soit la durée de leur vie ou de leur
existence, si inerte soient-elles. Nous avons tous notre raison d'être. Toi
aussi, tu as ta place ici, même lorsque tu te sens inutile ou lorsque tu as
l'impression d'avoir perdu ton temps. Tu ne réalises pas le pouvoir que tu as
sur tout ce que tu approches. Une parole qui te paraît anodine va peut-être
changer la vie de quelqu’un sans que tu le saches. Un mouvement ou même un
regard peuvent modifier le cours de l'histoire. Et puis, le sais-tu ? Tu as
autant de beauté à offrir qu'un papillon. Seulement, elle est différente.
-
Vraiment ?
- Oui,
c'est sûr.
Amandine
aimerait serrer contre elle l'insecte si merveilleux. Elle esquisse un mouvement
dans sa direction, caressant l'air qui entoure le papillon.
- Adieu,
petite.
- Adieu,
gentil papillon.
L’insecte
s’élève, gracieux, dans les airs, tourne un instant autour de la fillette qui
le contemple en souriant, puis il la quitte et s’envole vers sa destinée de
papillon. Amandine, quant à elle, retourne chez elle, le cœur gai, le visage
radieux.