L’ombre d’une glycine au goût de caramel Saupoudre les murets d’une mèche de miel Où baignent des lézards au corps immatériel, Immobiles et froids écuyers du dégel. La dentelle d’un roc à la saveur de sel, Richement découpée au feutre bleu du ciel, Ruisselle en vague d’or sur le feu torrentiel D’une anémone en soie aux robes d’archipel. Passe un souffle de rêve au parfum de lilas, Comme un brin de muguet déguisé en pierrot, Et les myosotis se parent de taffetas. Goutte à goutte le temps distille sa liqueur Dans l’immense alambic où cuit le berlingot D’un jour naissant ainsi dans l’antre du bonheur.
Francis Etienne Sicard, Lettres de soie rouge, 2011
Devant la mer,
un soir, un beau soir d'Italie,
Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie,
Tu regardais, bercée au cœur de ton amant,
Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement.
Les souffles qui
flottaient parlaient de défaillance ;
Là-bas, d'un bal lointain, à travers le silence,
Douces comme un sanglot qu'on exhale à genoux,
Des valses d'Allemagne arrivaient jusqu'à nous.
Incliné sur ton
cou, j'aspirais à pleine âme
Ta vie intense et tes secrets parfums de femme,
Et je posais, comme une extase, par instants,
Ma lèvre au ciel voilé de tes yeux palpitants !
Des arbres
parfumés encensaient la terrasse,
Et la mer, comme un monstre apaisé par ta grâce,
La mer jusqu'à tes pieds allongeait son velours,
La mer...
... Tu te
taisais ; sous tes beaux cheveux lourds
Ta tête à l'abandon, lasse, s'était penchée,
Et l'indéfinissable douceur épanchée
À travers le ciel tiède et le parfum amer
De la grève noyait ton cœur d'une autre mer,
Si bien que,
lentement, sur ta main pâle et chaude
Une larme tomba de tes yeux d'émeraude.
Pauvre, comme une enfant tu te mis à pleurer,
Souffrante de n'avoir nul mot à proférer.
Or, dans le même
instant, à travers les espaces
Les étoiles tombaient, on eût dit, comme lasses,
Et je sentis mon coeur, tout mon cœur fondre en moi
Devant le ciel mourant qui pleurait comme toi...
C'était devant
la mer, un beau soir d'Italie,
Un soir de volupté suprême, où tout s'oublie,
Ô Ange de faiblesse et de mélancolie.
Les grains de sable innombrables les étoiles
indomptables et moi là-dedans, et moi parmi ces milliards d’humains ?
Vois les lignes de ta main, De tes doigts vois les
empreintes. Rien n’est pareil. L’être humain A chaque fois est
unique. L’air est le même pour tous et l’eau des puits est la même et
la terre où nous marchons.
Mais le feu qui brûle au fond de toi, tant qu’il
te fait vivre, il est à toi, rien qu’à toi.
De ce bleu
immense Au bout de mes joues Et de ton coeur qui danse À portée des
mains Et de l'esprit il y a Plus que notre avenir À portée du
coeur Il faut partir
A cent
mille lieux De ces yeux si clairs Il y cent mille feux Qui nous brûlent
les ailes Je les emmènerai ces yeux Et pour un peu nous oublierons
l'univers Tu me suivras Enfin j'espère
Il
existe un endroit au bout de la terre Où je passerai ma vie entière à te
plaire Il existe un endroit où même le doute Laisse place à l'eau qui
coule goutte à goutte Il existe un endroit où même je suppose Que le temps
entre toi et moi marquerait des pauses Il existe un endroit Où même le
vent s'arrêtera
Dans ce
paradis trop petit pour tous J´ai fait notre nid, ne l'ai garni que de
mousse De brindilles et de soleil, de fleurs, de miel Et puis à ton
réveil Je boirai tes mains et toi ma bouche
Il
existe un endroit au bout de la terre Où je passerai ma vie entière à te
plaire Il existe un endroit où même le doute Laisse place à l'eau qui
coule goutte à goutte Il existe un endroit où même je suppose Que le temps
entre toi et moi marquerait des pauses Il existe un endroit Où même le
vent s'arrêtera
Ouvrir son cœur et son esprit Ouvrir les portes du paradis A tous ceux Qui ont l’enfer au fond des yeux Ouvrir son cœur et son esprit Ouvrir les frontières de son pays A ceux qu’on a Privé du droit de vivre heureux
Je ne peux plus voir tous ces gens Mourir sous les roues d’un train Partant pour le pays Qui ne veut pas les recevoir Je ne veux plus Voir ces troupeaux d’humains Dériver sur ces bateaux Sous le regard de ceux qui ne veulent rien voir
Ouvrir son cœur et son esprit Ouvrir les portes du paradis A tous ceux Qui ont l’enfer au fond des yeux Ouvrir son cœur et son esprit Ouvrir les frontières de son pays A ceux qu’on a Privé du droit de vivre heureux
Je veux chanter ces mots d’enfants A vous messieurs que l’on nomme grands Quand on est grand On ne peut pas ne pas savoir Savoir ces femmes et ces bébés Qui n’ont même plus d’eau pour pleurer Le savoir et faire comme si Les aider n’était pas un devoir Car il y a assez d’argent Assez de terre pour tous les gens Et pour qu’aucun ne soit jamais chassé Du monde où il est né Car il y a assez de temps Pour que demain soit maintenant L’univers dont tous les hommes Ont toujours rêvé
Ouvrir son cœur et son esprit Ouvrir les portes du paradis A tous ceux Qui ont l’enfer au fond des yeux Ouvrir son cœur et son esprit Ouvrir les frontières de son pays A ceux qu’on a Privé du droit de vivre heureux
Au nord de la Norvège Vit un bonhomme de neige. Il n'a pas peur de
fondre, Là-bas, la neige tombe Pendant de très longs mois, Il y fait
toujours froid.
Et le bonhomme de neige, Bien assis sur son siège, Regarde les
flocons Voler en tourbillons.
Sais-tu ce que j'en pense ? Il a bien de la chance Pour un bonhomme de
neige D'habiter la Norvège.
« La neige est un poème.Un poème qui tombe des nuages en
flocons blancs et légers.Ce poème vient de la bouche du ciel, de la
main de Dieu.Il porte un nom. Un nom d’une blancheur éclatante.Neige. »
Maxence Fermine* * *« Sous la neige, la branche est fragile comme le rêve de l’enfance”Alice Pariseau
Quand la neige tombe, Est-ce une colombe Qui secoue au vent Son
plumage blanc ? Ou tout un cortège De blancs perce-neige Qui suit en
dansant Le Prince Charmant ?