- Mais un caillou, ça n'a aucune identité, aucune idée,
aucune sensation, aucune émotion!
Faut-il que je devienne ainsi ?
- Le caillou n'a nul besoin de miroir, d'image. Il est froid quand il fait froid,
chaud quand il fait
chaud, mouillé quand il pleut, toujours présent au présent.
Il ne cherche pas à
être ni une fleur, ni un oiseau et encore moins un sage. Le caillou est !
Sans se préoccuper de qui il est. Ne te préoccupe pas d'être toi-même. Sois
!
Respiration, ô toi l’invisible poème !
Incessant échange de l’être en soi au sein
du pur espace universel. Contre-balance
en quoi rythmiquement je surviens à moi-même.
Unique vague, dont je suis la successive mer ; toi, l’épargnante entre toutes les mers possibles – espace acquis.
Combien n’y eut-il pas déjà de ces lieux des espaces qui furent au-dedans de moi ! Bien des vents sont comme mon fils.
Air, me reconnais-tu, empli d’endroits encore à moi naguère ? toi, une fois, la lisse écorce, la voussure et la feuille de mes paroles.
Ma soeur la Pluie, La belle et tiède pluie d'été, Doucement vole, doucement fuit, A travers les airs mouillés.
Tout son collier de blanches perles Dans le ciel bleu s'est délié. Chantez les merles, Dansez les pies ! Parmi les branches qu'elle plie, Dansez les fleurs, chantez les nids Tout ce qui vient du ciel est béni.
De ma bouche elle approche Ses lèvres humides de fraises des bois ; Rit, et me touche, Partout à la fois, De ses milliers de petits doigts.
Sur des tapis de fleurs sonores, De l'aurore jusqu'au soir, Et du soir jusqu'à l'aurore, Elle pleut et pleut encore, Autant qu'elle peut pleuvoir.
Puis, vient le soleil qui essuie, De ses cheveux d'or, Les pieds de la Pluie.
"Le secret du succès est de faire de ta vocation tes vacances." Mark Twain, écrivain
☼
"Si j’étais médecin, je prescrirais des vacances à tous les patients qui considèrent que leur travail est important." Bertrand Russell, Mathématicien, Philosophe, Anglais.
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JE SUIS EN
VACANCES
Assis
tout au bord d'un nuage,
ça fait des jours que je voyage
et dans mes vagabondages,
j'ai le vent comme équipage...
Funambule au fil de l'eau,
je fais la papote aux oiseaux
et - il faut ce qu'il faut -
j'ai mis une plume à mon chapeau.
J'ai mon chapeau soleil,
mon écharpe arc-en-ciel,
j'ai tout oublié, je pense:
je suis en vacances.
C'est comme un petit grain
Qu´on sème délicatement un matin
Une petite fleur voit le jour
Et on doit s´en occuper avec amour
Pour qu´elle puisse s´épanouir
Nous charmer et nous éblouir
Des jours où il fait moins beau
Elle penche la tête et fait le gros dos
Elle replie ses pétales pour les protéger
Cachant son coeur et ses pensées
Attendant le retour du beau temps
Guettant la fuite des nuages dans le firmament
Un rayon de soleil lui sourit
Et la voila revenir à la vie
Relevant la tête droit vers le ciel
Redressant ses pétales, embaumant l´air autour d´elle
Elle se dit que tout est tellement beau
Et quelle chance elle a de pouvoir regarder si haut
La petite fleur apprend ce jour là
Que la vie a parfois des hauts et des bas
Qu´on ne doit jamais se décourager
Garder le moral jusqu´à ce que l´orage soit passé
Le soleil revient toujours comme un ami
Nous consoler et nous faire comprendre
Comme c'est beau la vie
Chaque personne a sa petite fleur dans son coeur
Qui ne demande qu´un peu de bonheur
On a tous besoin de soleil et d´amour
Pour s´épanouir et traverser les mauvais jours
La vie est ainsi pour les fleurs et pour nous
C´est pour ça que nous la bénissons à genoux
L’ombre d’une glycine au goût de caramel Saupoudre les murets d’une mèche de miel Où baignent des lézards au corps immatériel, Immobiles et froids écuyers du dégel. La dentelle d’un roc à la saveur de sel, Richement découpée au feutre bleu du ciel, Ruisselle en vague d’or sur le feu torrentiel D’une anémone en soie aux robes d’archipel. Passe un souffle de rêve au parfum de lilas, Comme un brin de muguet déguisé en pierrot, Et les myosotis se parent de taffetas. Goutte à goutte le temps distille sa liqueur Dans l’immense alambic où cuit le berlingot D’un jour naissant ainsi dans l’antre du bonheur.
Francis Etienne Sicard, Lettres de soie rouge, 2011
Devant la mer,
un soir, un beau soir d'Italie,
Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie,
Tu regardais, bercée au cœur de ton amant,
Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement.
Les souffles qui
flottaient parlaient de défaillance ;
Là-bas, d'un bal lointain, à travers le silence,
Douces comme un sanglot qu'on exhale à genoux,
Des valses d'Allemagne arrivaient jusqu'à nous.
Incliné sur ton
cou, j'aspirais à pleine âme
Ta vie intense et tes secrets parfums de femme,
Et je posais, comme une extase, par instants,
Ma lèvre au ciel voilé de tes yeux palpitants !
Des arbres
parfumés encensaient la terrasse,
Et la mer, comme un monstre apaisé par ta grâce,
La mer jusqu'à tes pieds allongeait son velours,
La mer...
... Tu te
taisais ; sous tes beaux cheveux lourds
Ta tête à l'abandon, lasse, s'était penchée,
Et l'indéfinissable douceur épanchée
À travers le ciel tiède et le parfum amer
De la grève noyait ton cœur d'une autre mer,
Si bien que,
lentement, sur ta main pâle et chaude
Une larme tomba de tes yeux d'émeraude.
Pauvre, comme une enfant tu te mis à pleurer,
Souffrante de n'avoir nul mot à proférer.
Or, dans le même
instant, à travers les espaces
Les étoiles tombaient, on eût dit, comme lasses,
Et je sentis mon coeur, tout mon cœur fondre en moi
Devant le ciel mourant qui pleurait comme toi...
C'était devant
la mer, un beau soir d'Italie,
Un soir de volupté suprême, où tout s'oublie,
Ô Ange de faiblesse et de mélancolie.
Les grains de sable innombrables les étoiles
indomptables et moi là-dedans, et moi parmi ces milliards d’humains ?
Vois les lignes de ta main, De tes doigts vois les
empreintes. Rien n’est pareil. L’être humain A chaque fois est
unique. L’air est le même pour tous et l’eau des puits est la même et
la terre où nous marchons.
Mais le feu qui brûle au fond de toi, tant qu’il
te fait vivre, il est à toi, rien qu’à toi.
De ce bleu
immense Au bout de mes joues Et de ton coeur qui danse À portée des
mains Et de l'esprit il y a Plus que notre avenir À portée du
coeur Il faut partir
A cent
mille lieux De ces yeux si clairs Il y cent mille feux Qui nous brûlent
les ailes Je les emmènerai ces yeux Et pour un peu nous oublierons
l'univers Tu me suivras Enfin j'espère
Il
existe un endroit au bout de la terre Où je passerai ma vie entière à te
plaire Il existe un endroit où même le doute Laisse place à l'eau qui
coule goutte à goutte Il existe un endroit où même je suppose Que le temps
entre toi et moi marquerait des pauses Il existe un endroit Où même le
vent s'arrêtera
Dans ce
paradis trop petit pour tous J´ai fait notre nid, ne l'ai garni que de
mousse De brindilles et de soleil, de fleurs, de miel Et puis à ton
réveil Je boirai tes mains et toi ma bouche
Il
existe un endroit au bout de la terre Où je passerai ma vie entière à te
plaire Il existe un endroit où même le doute Laisse place à l'eau qui
coule goutte à goutte Il existe un endroit où même je suppose Que le temps
entre toi et moi marquerait des pauses Il existe un endroit Où même le
vent s'arrêtera