"Je rêve que nous sommes des papillons ayant à vivre que trois jours d´été, avec vous ces trois jours seraient plus plaisants que cinquante années d´une vie ordinaire." Jane Campion
Le chant de l'eau Chantent les oiselets comme bruit l'eau de source, et le doux clapotis du délicieux loriot et le battement d'ailes du joli morio coulent dans l'air qui coule, où songe la grande ourse.
Au rythme du ruisseau file le passereau, et de son calme bec écumant dans sa course, il se fond dans son cours, s'attribue ses ressources, puis vient se déposer aux branches du sureau.
Et dans l'ombre des rocs creusés par la lumière, oiseaux et papillons referment leurs paupières, patientant avec l'eau l'orée du crépuscule.
Le ciel frais et l'étang, tout s'endort... Mais tout rêve ! Sous la nuit qui s'élance et le jour qui s'achève, frémissent les roseaux, frémit la libellule.
Comment tu fais pour être comme t'es Pour être plus belle que la beauté? Comment tu peux m'rendre si heureux Que mes yeux en croient pas leurs yeux? Comment tu peux être si parfaite Pour qu'auprès de toi le temps s'arrête? Comment tu peux m'faire oublier Qu'avant toi j'ai déjà aimé? Mon amour, ma tendresse Mon trésor, ma princesse T'es la prunelle de mes yeux T'es tout c'que j'ai de plus précieux Sur l'océan de ta beauté Jusqu'à ton coeur j'ai navigué J'me suis échoué, je suis heureux Et encore mieux... j'suis amoureux Je suis amoureux Comment tu fais pour faire de moi Un homme nouveau, j'me reconnais pas? Comment tu peux me chavirer Moi qui jurais d'ne plus aimer? Comment tu peux d'un seul sourire Réinventer mon avenir? Comment tu peux faire de tes bras Le seul royaume où je suis roi? Mon amour, ma tendresse Mon trésor, ma princesse T'es la prunelle de mes yeux T'es tout c'que j'ai de plus précieux Sur l'océan de ta beauté Jusqu'à ton coeur j'ai navigué J'me suis échoué, je suis heureux Et encore mieux... j'suis amoureux Je suis amoureux Et si un jour au fond d'tes yeux Je voyais s'éteindre le feu J'irai dérober dans le ciel Tout ce qui reste d'éternel Je volerai toutes les aurores Pour les déposer sur ton corps Pour mieux t'aimer Ou j'en mourrai
Mon amour, ma tendresse Mon trésor, ma princesse T'es la prunelle de mes yeux T'es tout c'que j'ai de plus précieux Sur l'océan de ta beauté Jusqu'à ton coeur j'ai navigué J'me suis échoué, je suis heureux Et encore mieux... j'suis amoureux
Sur mes cahiers d'écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J'écris ton nom Sur toutes les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J'écris ton nom Sur les images dorées Sur les armes des guerriers Sur la couronne des rois J'écris ton nom Sur la jungle et le désert Sur les nids sur les genêts Sur l'écho de mon enfance J'écris ton nom Sur les merveilles des nuits Sur le pain blanc des journées Sur les saisons fiancées J'écris ton nom Sur tous mes chiffons d'azur Sur l'étang soleil moisi Sur le lac lune vivante J'écris ton nom Sur les champs sur l'horizon Sur les ailes des oiseaux Et sur le moulin des ombres J'écris ton nom Sur chaque bouffée d'aurore Sur la mer sur les bateaux Sur la montagne démente J'écris ton nom Sur la mousse des nuages Sur les sueurs de l'orage Sur la pluie épaisse et fade J'écris ton nom Sur la vitre des surprises Sur les lèvres attentives Bien au-dessus du silence J'écris ton nom Sur mes refuges détruits Sur mes phares écroulés Sur les murs de mon ennui J'écris ton nom Sur l'absence sans désirs Sur la solitude nue Sur les marches de la mort J'écris ton nom Sur la santé revenue Sur le risque disparu Sur l'espoir sans souvenir J'écris ton nom Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce souvenir de soie Qui se souvient de nous Ce n´est pas qu´il fasse froid Le fond de l´air est doux C´est qu´encore une fois J´ai voulu comme un fou Me souvenir de toi De tes doigts sur mon cou Me souvenir de nous Quand on se disait vous
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce sourire de soie Qui sourit comme nous Souriions autrefois Quand on se disait vous En regardant le soir Tomber sur nos genoux C´est qu´encore une fois J´ai voulu revoir Comment tombe le soir Quand on s´aime à genoux
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce soupir de soie Qui soupire après nous Ce n´est pas pour que tu voies Comme je m´ennuie sans toi C´est qu´il y a toujours L´empreinte sur mon cou L´empreinte de tes doigts De tes doigts qui se nouent L´empreinte de ce jour Où les doigts se dénouent
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Cette écharpe de soie Que tu portais chez nous Ce n´est pas pour que tu voies Comme je m´ennuie sans toi Ce n´est pas qu´il fasse froid Le fond de l´air est doux.
Il est un sentier creux dans la vallée étroite,
Qui ne sait trop s'il marche à gauche ou bien à droite.
— C'est plaisir d'y passer, lorsque Mai sur ses bords,
Comme un jeune prodigue, égrène ses trésors ;
L'aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard d'azur,
Et le gai bouton d'or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots,
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos ;
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles,
À rendre riche en miel tout un peuple d'abeilles.
Sous la haie embaumée un mince filet d'eau
Jase et fait frissonner le verdoyant rideau
Du cresson. — Ce sentier, tel qu'il est, moi je l'aime
Plus que tous les sentiers où se trouvent de même
Une source, une haie et des fleurs ; car c'est lui,
Qui, lorsque au ciel laiteux la lune pâle a lui,
À la brèche du mur, rendez-vous solitaire
Où l'amour s'embellit des charmes du mystère,
Sous les grands châtaigniers aux bercements plaintifs,
Sans les tromper jamais, conduit mes pas furtifs.